Jeudi 13 août 2026
J13 : Sienne en pleine effervescence avant le Palio
Départ tôt le matin, stratégie rodée : éviter la chaleur et la foule. Notre B&B est hyper bien situé : les escalators mécaniques juste à côté nous déposent en 5 minutes au pied du Duomo, tout en haut de la ville : Sienne sans effort, ou presque !
Première claque de la journée : la façade de la cathédrale de Sienne, magnifique et spectaculaire, un déferlement de marbres sculptés, de mosaïques dorées et de statues qui semble presque trop riche pour être vrai.
Nous filons pour démarrer au Museo dell’Opera, où sont conservées les œuvres originales de la cathédrale (les statues extérieures étant des copies, pour les préserver). C’est là que se cache l’un des plus beaux secrets de Sienne : en montant tout en haut du musée, sur l’une des arches abandonnées du projet initial (la cathédrale devait être bien plus vaste encore !), on débouche sur le fameux panorama dal Facciatone. Vue époustouflante sur les toits de Sienne, sur la Piazza del Campo et sa Torre del Mangia, et sur la campagne toscane à l’infini tout autour. Un des plus beaux points de vue de Sienne !
Retour au Duomo pour la visite de l’intérieur : dimensions impressionnantes, alternance de bandes de marbre noir et blanc si caractéristique de la Toscane, et une chaire d’une beauté émouvante, sculptée avec une finesse hallucinante. Puis la superbe Libreria Piccolomini, à l’intérieur même de la cathédrale : ses fresques éclatantes de couleurs et de fraîcheur nous transportent d’un coup cinq siècles en arrière.
Cap ensuite sur le Battistero, en contrebas de la Piazza del Duomo : murs et plafonds d’une richesse à couper le souffle, et de superbes fonts baptismaux, œuvre collective de Jacopo della Quercia, Ghiberti et Donatello.
Et puis, la Piazza del Campo.
La place est fin prête pour le Palio de dimanche : terre battue au sol, barrières, gradins installés… et une effervescence incroyable, alors qu’il est midi et que la maire s’apprête, à 13h, à attribuer les chevaux aux dix Contrade tirées au sort parmi les dix-sept que compte la ville, celles qui auront le droit de concourir.
Toutes les rues sont pavoisées aux couleurs des quartiers et c’est magnifique ! Et nous avons vite repéré les nôtres : notre B&B se trouve en plein territoire de la Contrada dell’Oca, l’Oie, l’un des quartiers les plus prestigieux et les plus titrés de l’histoire du Palio. Depuis, on ne regarde plus les bannières blanc et vert de la même façon : forcément, on est un peu du clan, maintenant !
Pierre-David achète même le foulard de la contrade !
Le Palio, on le comprend d’un coup, n’est pas un spectacle pour touristes : c’est un événement historique et populaire d’une puissance rare. Toutes les générations sont dans la rue, foulard de leur Contrade noué autour du cou, regroupées par quartier sur les gradins. Ils chantent à tue-tête, se défient en chansons d’un groupe à l’autre : c’est puissant, presque belliqueux. On sent des siècles de rivalité concentrés dans ces chants !
Nous fuyons la place, en plein soleil, pour déjeuner à l’ombre dans un sympathique restaurant à deux pas — un super moment. Pendant le repas, les clameurs de la foule nous parviennent depuis la place : c’est le moment du tirage au sort des chevaux pour chaque Contrade. Rien qu’à travers les murs, l’effervescence est électrique !
En sortant, nous croisons justement les membres de la contrade du restaurant qui escortent leur cheval jusqu’à l’écurie pour les quatre jours du Palio : une parade à travers les ruelles du quartier, chants puissants et déterminés, comme un défi lancé aux Contrade rivales. Impressionnant !
Chaque Contrade fait de même, chacune dans son quartier avant que tout ce petit monde ne se retrouve attablé, Contrade par Contrade, autour de tables dressées en pleine rue pour des banquets populaires, pasta et vin à volonté ! Ces banquets se répètent midi et soir pendant les quatre jours du Palio.
Nous reprenons notre balade après le déjeuner, avant une sieste bien méritée au frais dans nos chambres climatisées : il fait 37° dans les ruelles de Sienne, la pause s’impose !
Vers 18h, retour Piazza del Campo pour assister au premier entraînement du Palio : il y en aura deux par jour jusqu’à dimanche.
La foule et la ferveur des quartiers pour leur équipe sont impressionnantes, c’est vraiment beau à voir. Les plus chanceux (les résidents de Sienne) ont leurs gradins, les plus fortunés sont aux fenêtres donnant sur la piazza, et tous les autres, nous y compris, se regroupent au centre de la place : comme elle est en dévers, on voit malgré tout parfaitement passer les chevaux.
La foule est immense, ça chante, c’est grégaire mais bon enfant. Au coup de canon, les dix cavaliers, revêtus de costumes historiques, s’élancent à cru pour trois tours de piste effrénés. Impossible de ne pas guetter les couleurs blanc et vert de l’Oca dans le peloton, forcément !
Nous nous sentons extrêmement chanceux d’avoir pu assister à cela et on n’ose imaginer la folie que ce sera dimanche, le jour J du Palio !
Après l’entraînement, chaque Contrade ramène son cheval à l’écurie en une nouvelle parade dans les rues du quartier, chantant sa détermination à remporter le Palio, avant de terminer la soirée autour d’un nouveau banquet de rue.
Nous, direction un super restaurant pour clore cette journée intense !
Gros dodo ensuite, car demain nous reprenons la route.
Dernière pensée avant de fermer les yeux : la course elle-même ne dure à peine que deux à trois minutes… mais l’attente, le cérémonial, la ferveur qui l’entourent, c’est tout un monde, immense et bouleversant.
Et nous, on repart avec un petit supporter de plus dans nos cœurs : forza Oca !













































































































































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